Face à la décision du préfet d’élargir les mesures sanitaires prises à Nice à l’ensemble du département, David Lisnard et Jérôme Viaud font part de leur colère.

La décision du préfet Bernard Gonzales d’étendre les mesures prises à Nice pour lutter contre la propagation de la Covid-19 (notamment la fermeture des salles de sport et celle des bars à 22h) a rapidement suscité de vives réactions du côté de Cannes et de Grasse. David Lisnard et Jérôme Viaud, maires respectifs des deux communes, ne se sont pas fait attendre pour diffuser, dans la soirée, un communiqué commun afin de faire part de leur mécontentement. Et le ton est particulièrement amer : «ces mesures, qui multiplient les interdits et évitent de se concentrer sur ce qui est utile, nuisent à la lutte efficace contre la Covid-19, tuent la liberté de commerce et d’industrie et rendent le travail impossible». Les deux élus locaux (également à la tête de leurs communautés d’agglomération) pointent du doigt des mesures qui interviennent «à contretemps» : «depuis ces trois dernières semaines, sur notre bassin de vie, le taux d’incidence a été divisé par 2 depuis début septembre. Il n’a jamais été aussi peu élevé (83) dans notre département depuis le 25 août après avoir connu un pic à mi-septembre proche de 160». Selon eux, cette décision ressemble plus à «une opération de communication» qu’à une réelle mesure de protection sanitaire.

«Inepte» et «triplement nuisible»

Une décision jugée «inepte» car celle-ci ne ferait que «multiplier les regroupements privés dans les appartements ou villas, incontrôlables par les forces de l’ordre» et ainsi «conduire inévitablement à des troubles de l’ordre public», engendrant nuisances dans les copropriétés et incitant au «para-commercialisme au détriment des professionnels». Et de conclure : «pourquoi punir des professions entières, alors qu’il n’est pas compliqué de sanctionner et de fermer les établissements qui ne respectent pas les règles ? L’État doit arrêter d’ajouter de l’interdit et mieux protéger les habitants en faisant d’abord respecter les normes qu’il édicte.»