Les nouvelles mesures en vigueur dans les 54 départements viennent plomber la facture du confinement, initialement estimée à 1Md€.

Hier, le Premier ministre Jean Castex annonçait l’extension des mesures de couvre-feu à 38 départements supplémentaires, soit 54 au total (auxquels s’ajoute la Polynésie). Un nouveau tour de vis du gouvernement pour tenter d’endiguer l’épidémie de Covid-19 qui connaît un rebond cet automne. Néanmoins, ces restrictions sanitaires ont un coût. Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a d’ailleurs dévoilé le montant de la facture ce vendredi matin (23 octobre) au micro d’Europe 1. «Si l’on prend l’ensemble des départements concernés, pour 6 semaines, nous avons un coût global d’un peu plus de 2Mds€», précise-t-il. Si ces mesures sont amenées à perdurer au-delà du délais annoncé, les moyens financiers seraient «rechargés». «Nous pouvons tenir jusqu’à la fin de l’année, voire jusqu’au début de l’année prochaine avec les sommes que nous avons prévues», assure le ministre, confiant. Et ce, malgré un «risque fort» d’obtenir un «résultat négatif du produit intérieur brut» au 4e semestre. Mais, selon lui, «ceci n’est pas une surprise».

Un risque «anticipé»

Quoi qu’il en soit le ministre de l’Economie se veut rassurant : «il n’y a pas d’inquiétude à avoir», martèle-t-il. «Nous avions anticipé ce risque sanitaire. Nous avions prévu 9Mds€ pour le fonds de solidarité, nous n’en avons dépensé que 6.» De son côté, le Premier ministre, Jean Castex, a souligné que si l’épidémie n’était pas jugulée, le gouvernement devrait envisager «des mesures beaucoup plus dures». Et pour cause. Pour la première fois en France, 40.000 contaminations à la Covid-19 ont été enregistrées en 24 heures ce jeudi 22 octobre, se rapprochant de plus en plus du symbolique million de cas. Dans le même temps, le nombre de patients hospitalisés a fait un bond de +847, atteignant ainsi 14.032 dont 2.319 en réanimation (+71). Le taux de positivité, quant à lui, est passé de 13,7% à 14,3%. Mais le ministre de l’Economie ne déchante pas pour autant : «nous protègerons les entreprises et les salariés tant que le virus continuera à circuler». Et de conclure : «nous engagerons dans le même temps la relance économique qui nous permettra de sortir plus forts de la crise en 2022».