La mesure a été officialisée plus tôt dans l’après-midi par la ministre du Travail. Pour les commerçants, pas de réel changement mais des dépenses lourdes à assumer sur le long terme.

Bien que ce ne soit pas vraiment une surprise, c’est désormais officiel. Le port du masque va être généralisé dans «tous les espaces publics clos et privés collectifs», à compter du 1er septembre 2020. Les entreprises n’y font donc pas exception. Ainsi, les salariés devront porter un masque dans les «salles de réunion, couloirs, open spaces et bureaux ouverts», à l’exception des bureaux individuels. Autrement dit, «partout ou l’on est susceptible de se croiser», a déclaré la ministre du Travail, Elisabeth Borne, lors d’une réunion avec les partenaires sociaux. Jusqu’ici il s’agissait d’une recommandation. Ce sera maintenant à la charge du chef d’entreprise de fournir son personnel en masque de protection et de faire respecter le protocole. Dans le même temps, la ministre a encouragé les employeurs à favoriser le télétravail. 

Pas de réel changement

Pour les commerces et autres entreprises accueillant du public, cette mesure «ne change pas grand chose», souligne Bruno Venturini, consultant chez CHRD conseil et ex-membre UMIH. «D’autant plus que, d’après le code du travail, l’employeur est responsable de la sécurité de ses employés.» Un avis partagé par Vanessa Brakha, responsable du magasin de prêt-à-porte By Colette, situé avenue Jean Médecin à Nice : «dès la réouverture des commerces, nous avons dû nous équiper en masques et gel hydroalcoolique». D’autant plus que «obligation ou pas», Vanessa Barkha fournit déjà les masques pour ses employés : «c’est notre politique depuis le début». Mais, selon elle, ce qui coûte le plus cher ce ne sont pas les masques mais le gel hydroalcoolique. «Ça part vite et puis, souvent, les gens viennent juste pour se laver les mains et ressortent immédiatement», développe la gérante. Résultat : une consommation «excessive» de gel «qui chiffre rapidement sur la facture»

Mieux vaut prévenir que guérir 

Des coûts qui néanmoins ne sont pas pour aller dans le sens des commerçants. C’est le cas de Simon Elfassi, propriétaire et gérant de la boutique de prêt-à-porter Ten, également située avenue Jean Médecin. Pour être dans les clous, il dépense en moyenne 300€ par mois. «Nous consommons une quantité incroyable de masques car nous devons les changer toutes les 4 heures», explique le gérant. Un investissement «coûteux à la longue». «En temps normal cela ne poserait pas de problème mais avec la conjoncture actuelle, c’est difficile», confie-t-il. Et pour cause, à cause de la crise sanitaire, la boutique réalise 30 à 40% de chiffre d’affaires en moins, en comparaison à 2019. Mais pour Bruno Venturini, «mieux vaut des mesures sanitaires contraignantes plutôt que de devoir fermer boutique». Car, si le scénario d’un 2e confinement devient réalité, «ce sera une véritable catastrophe économique».